Le bâtard de Kosigan, Tome 4 : Le testament d'involution
de Fabien Cerutti

critiqué par Hermer, le 13 juin 2018
( - 40 ans)


La note:  étoiles
Et à la fin le lecteur devient complice...
On l'attendait avec impatience ce dernier tome de la série du Bâtard de Kosigan! Le 3, nous avait abandonné à une attente insoutenable, écartelés entre le XIVème et le XIXème siècle (le héros à la merci d'un cercle de sorcières, et son descendant, apparemment exécuté par une société secrète installée au plus au niveau de l'empire britannique) et on se demandait bien à quelle sauce l'auteur allait cuisiner son dessert. Nous possédions déjà quelques réponses (passionnantes) au mystère de la manipulation de l'Histoire (puisque tout dans ces livres semble indiquer que des créatures surnaturelles et des pratiques magiques polythéistes ont réellement existé jusqu'au crépuscule du Moyen-âge), mais le mystère demeurait suffisamment épais pour qu'on s'interroge sur la manière dont l'auteur allait retomber sur ses pieds, sans sombrer dans une histoire plus ou moins abracadabrante d'extra-terrestres ou de monde parallèle...

C'est donc avec un brin d'inquiétude que je me suis lancé dans cette dégustation. (La dernière avant plusieurs années, si j'en crois ce que j'ai lu des interviews de Fabien Cerutti). Eh bien, pas de suspense, cette suite tient toutes ses promesses...et bien davantage encore!

Ce n'est pas uniquement une fin qui livre des réponses aux promesses précédentes, c'est une aventure à part entière pleine de passion et de suspense. Dans cet ultime roman l'inspiration se fait vent, zéphyr, ouragan, la plume de Fabien Cerutti et les rebondissement de son histoire nous emportent sans nous lâcher jusqu'à la fin définitive où nous nous retrouvons suspendus à chaque mot, à chaque phrase. Sorcières, Inquisition, prophétie, manipulation politique, cité antique oubliée, batailles plus ou moins chevaleresques, affrontement de magie noire et, à l'autre bout du temps, dans un vingtième siècle que nous connaissons pourtant par coeur, l'intrigue se dénoue et réécrit avec une habileté consommée ce que nous croyons savoir du passé... Jusqu'à finir à nos pieds, dans nos mains mêmes, et nous confier, d'une certaine manière, la suite de l'aventure.

Et mention spéciale pour Elisabeth Hardy, personnage féminin (et féministe) qui intrigue de main de maître à la cour de l'Angleterre Victorienne du début du siècle dernier!

Ce 4ème tome est bien davantage qu'une réussite, c'est le point d'orgue d'une série magistrale, originale et passionnante, qui a vocation à faire partie des toutes meilleures du genre médiéval fantastique, tous auteurs confondu. Je ne saurais trop encourager à la découvrir, du gué de la rivière Arnance, en Champagne, où elle débute en 1339, jusqu'à son ultime conclusion, dans les caves d'un bistrot parisien, non loin de la Sorbonne, à l'aube du XXIème siècle.