Farafina Todi (+CD)
de Mamadi Kaba

critiqué par JulesRomans, le 18 septembre 2014
(Nantes - 66 ans)


La note:  étoiles
Enfarinés tes dits ?
En fait "farafina" semble la traduction de "girafe". Le CD "Farafina Todi : contes de la République de Guinée" offre en lien avec chaque conte une assez longue chanson en malinké, on a donc en parallèle de la musique accompagnant des paroles de chanson en langue vernaculaire sur le CD et un texte en français dans le livre.

Chaque récit est illustré par un dessin en plaine page, il est à noter la grande synergie des trois moyens d'expression (chanson, récit, illustration) du fait en partie que leur auteur est toujours Mamadi Kaba, un natif de Guinée qui vit en Italie. Les contes, en deux à cinq pages, sont au nombre de huit ; ils s'intitulent : le grand frère agile, Laminin, la fillette solitaire, jalousie, la méchante marâtre, la princesse qui voulait épouser un homme sans cicatrice sur le corps, Ballakè et Sona, Petite maline.

Si tous les contes proposent des passages incantatoires, le dernier texte relève plutôt de la poésie. Souvent leur origine est à situer dans une période de l'Afrique pré-coloniale, toutefois "Ballakè et Sona" est lui lié à un drame passionnel qui s'est réellement déroulé au début du XXe siècle. L'essentiel des contes ont pour amorce l'existence de rivalités inter-familiales avec parfois la polygamie comme origine. Certaines fins sont des invitations à poursuivre le récit car dans "La princesse qui voulait épouser un homme sans cicatrice sur le corps" il y a d'abord une phrase où on nous dit que la princesse en question découvre que son mari est en fait un serpent qui avait pris l'apparence temporaire d'un humain. Viennent ensuite ces mots-là, sans développement de situations explicites :

« Je vous laisse deviner la suite. À vrai dire, personnellement, je ne savais pas que la prétention et les caprices pouvaient coûter si cher : quel prix, mes enfants ! » (page 42)